Les Vidourlades

“ La Vidourlade, c’est l’accès de colère du fleuve, sa crise passagère certes, mais subite et peut-on dire irraisonnée ” (I. Gaussen Le Vidourle et ses Vidourlades 1937).

Sommieres 1958 - Rue Antonin Paris

Sommieres 1958 - Rue Antonin Paris

Le bassin versant ressemble à un grand amphithéâtre tourné vers la mer. Cette morphologie, induisant des écoulements rapides, associée à des pluies importantes voire diluviennes font du Vidourle un fleuve à la montée des eaux extrêmement rapide (en quelques heures) : plus communément appelé la Vidourlade.

Certaines Vidourlades d’ampleur remarquable sont devenues mémorables : 1907, 1933, 1958, 1994, 1995, 2002, 2003.

Les inondations de 2002 sont les plus fortes connues depuis la construction des barrages écrêteurs et semblent avoir dépassées en volume toutes les crues connues du siècle sur le Vidourle et pour un nombre important de ses affluents. Cette crue a causé des dégâts considérables dans la basse vallée.

Les crues du Vidourle sont attestées à Sommières dès 1336. Les Vidourlades de 1907, 1933 et 1958 sont encore présentes dans la mémoire des habitants. Plus récemment, en septembre 1994, décembre 1995, octobre 1996 et octobre 2001 ont eu lieu quatre Vidourlades mémorables.

Mais celle de septembre 2002 fut sans commune mesure, elle a submergé les barrages écrêteurs, inondé une partie de Sommières sous plus de 4 mètres d’eau.

Quissac - 2002 - Route de Montpellier

Quissac - 2002 - Route de Montpellier

Marsillargues 2002 photos JP Bouchoux

Marsillargues 2002 photos JP Bouchoux

Sommieres 2002 - Rue Antonin Paris

Sommieres 2002 - Rue Antonin Paris

Après la crue de 1958

Le Conseil Général du Gard, engage la construction de 3 barrages écrêteurs de crue dont la réalisation s’est effectuée de 1968 à 1982. Le Conseil Général de l’Hérault participe, dans les années 80, à la réfection du seuil du Moulin d’Aubais (qui se trouve dans le département Gardois).

Protection de berges moulin d'Aubais Villetelle

Protection de berges moulin d'Aubais Villetelle

Cet acte participatif et fédérateur signe le début d’une véritable prise de conscience de nos élus locaux sur les enjeux du Vidourle, et symbolise une première collaboration entre les deux départements éprouvés par les tribulations du Vidourle.

C’est ainsi, qu’à la fin des années 80, les Présidents des deux Conseils Généraux jugent nécessaire de structurer l’action publique en faveur de la gestion de ce fleuve, et créent en 1989, le Syndicat Mixte Interdépartemental d’Aménagement et de Mise en Valeur du Vidourle et de ses affluents.

Le fonctionnement du fleuve et de son bassin versant, est désormais pris en compte dans son Ensemble.

Dès 1990, une étude est commandée par le Syndicat afin d’élaborer et proposer, un schéma global d’aménagement du Vidourle.

Jusqu’en 1993, le syndicat était géré par 12 conseillers généraux puis, une fois l’étude rendue, le Syndicat entend mettre en oeuvre ces propositions d’aménagement. Ainsi, la création de 2 postes marque la volonté ferme d’atteindre ces objectifs.

Les statuts du SIAV vont ensuite être modifiés en 1996.

En effet, l’espace naturel du bassin versant du Vidourle concerne les départements du Gard et de l’Hérault, mais aussi les communes du bassin versant. En se fondant sur cette idée le SIAV décide d’ouvrir le fonctionnement du syndicat aux communes souhaitant y adhérer, favorisant ainsi la parité de responsabilité entre les communes et les conseils généraux.

Aujourd’hui, au sein du SIAV, sont représentés : 2 départements, 72 communes adhérentes, 95 communes du bassin versant, 7 communautés de communes, 1 SIVOM.

Le SIAV s’appuie sur une équipe composée d’une vingtaine de personnes qui travaillent pour la coordination des actions de la gestion du fleuve dont une équipe verte d’agents forestiers.

Depuis près de 20 ans, le SIAV est donc un acteur majeur de la gestion du cours d’eau et de ses affluents.

Cet Établissement Public Territorial de Bassin (EPTB) inscrit son action sur l’ensemble du bassin versant (soit environ 830 km2 pour une population globale de plus de 120 000 habitants). Fruit d’une coopération interdépartementale et intercommunale réussie, il regroupe aujourd’hui 95 communes. Les représentants des communes siègent au comité syndical, à parité aux côtés des conseillers généraux.

Le SIAV a été reconnu EPTB, le 27 décembre 2007, il est le premier syndicat de bassin de la région Languedoc-Roussillon à bénéficier de ce label national.

L’EPTB (Etablissement Public Territorial de Bassin),est un groupement de collectivités, de dimensions en général interdépartementales, qui agit sur un territoire directement en relation avec la réalité géographique, historique, et politique, lui permettant d’être l’interprète de la problématique locale auprès des services déconcentrés des pouvoirs publics.

En 2003, les EPTB ont été reconnus acteurs opérationnels de la gestion coordonnée de l’eau par bassin versant, par le code de l’environnement.